MUSÉE-EXPOSITION

Art funéraire

Les musées n’ont pas le monopole de la mémoire imagée des sociétés. Les cimetières aussi sont des musées. Plutôt conventionnels. Mais l’art contemporain commence à s’y montrer.

Au Moyen Age, la mort fait l’objet d’une cérémonie publique orchestrée par le mourant. Tout le monde y assiste, enfants, voisins, gens de la rue rencontrant le prêtre, viatique en main. Mort familière, proche, qui n’angoisse pas les survivants. C’est dans l’église qu’on inhume, ou dans le cimetière à côté. Aucun espace propre –  » maison  » à perpétuité – n’est alors prévu. C’est que le sort du  » disparu  » n’inquiète guère, s’il est en paix avec l’Église. Comment, dès lors, sommes-nous passés d’une mort apprivoisée à une mort sauvage en silence ? Philippe Ariès (1), à cet égard, parle d’une  » mort interdite « , insupportable. Le XIIe siècle nous en montre les prémisses, quand sonne le glas de pratiques antiques. L’idée du Jugement dernier triomphe et avec elle la biographie de chacun. Un sens dramatique et personnel se voit attribué à l’événement du trépas (le seul, selon Barthes). La sépulture se personnalise. Chacun peut prétendre à sa tombe. Inscriptions funéraires, cartouches et masques font leur apparition. Au XIXe siècle, la mort, vécue à la première personne, est vue comme grande rupture. Le deuil se fait ostentatoire. On crie. On pleure. Plus que sa propre mort, c’est la mort de l’autre, de l’être cher, qui attise le culte neuf du tombeau et du cimetière, où l’on effectue de fréquentes visites. L’art funéraire se développe. Voyez le cimetière du Père Lachaise. Deux changements radicaux surviennent, qui redonnent anonymat aux figures de la mort. Le premier, la guerre de 1914, lorsqu’il fallut beaucoup enterrer à la va-vite. A la mort violente et sans nom des champs de bataille, fait sourdement écho l’impersonnalité des tombes. Puis les progrès de la médecine mettent fin à une mort de tradition vécue au foyer. L’évolution se précipite entre 1930 et 1950. On s’éteint à l’hôpital. Le rite des funérailles se modifie à mesure. Mise à l’écart, la mort prend du champ. Sans hiatus, le rite des obsèques suit. Nous en sommes là. A la mort barrée, quasi inexistante, l’incinération, dans l’ordre du rituel, répond peu ou prou. Manière de vite passer sur la décomposition. On traite la mort comme une maladie. On empiète sur son emploi naturel. Rester propre ? Jusqu’au bout ? Mort sceptique au fond, doutant d’elle-même à force d’oubli dans des couloirs d’hôpital. D’autant que, de son vivant, l’homme apparaît déjà de plus en plus jetable.

http://www.lexpress.fr/informations/non-l-art-funeraire-n-est-pas-mort_630930.html art funéraire

Lit funéraire africain

Constat

L’art de tenir un discours sur l’indicible

Le pari de Pierre Aubert n’est pas de faire commerce de la mort. Il n’est pas entrepreneur de pompes funèbres. Depuis juillet dernier, il n’a vendu que trois tombes et quatre urnes, dont l’une pour la modique somme de 2 500 francs. Il fait sienne une règle absolue du passé :  » N’est-il pas temps de sortir de la morosité répétitive du marbre lisse et de réintroduire l’art dans les rites funéraires ?  » Parcourant les stands de la FIAC, il a noué contact avec des artistes. Un Ben, un Alechinsky n’ont pas été insensibles à la passion qui l’anime. Il reçoit des lettres, telle celle de Tomi Ungerer qui lui écrit :  » Moi-même serai enterré verticalement.ça prend moins de place et rend l’essor plus rapide à la résurrection « . C’est dire si la mort impose des leçons de maintien. Ben, en guise d’introduction à ses modèles de sépultures, livre ceci :  » Pourquoi ne pas marquer votre différence sur votre tombe ? Inconnu vivant, devenez mort célèbre. Choisissez le style minimal avec Stella, l’art brut ou figuration libre avec Combaz, Di Rosa, Speedy Graphito. » Selon Pierre Aubert, ce serait là simple adaptation aux pratiques anciennes. Au XIXe siècle, les plus grands sculpteurs et statuaires officiaient pour le cimetière du Père Lachaise – ne doit-on pas à Victor Baltard, architecte des anciennes Halles centrales de Paris, la sépulture d’Ingres ? Le XXe siècle se doit lui aussi d’avoir son art funéraire. » Le débat est celui de l’art et de la société. A quoi sert l’art ? L’architecture religieuse a sa fonction. Elle raconte l’histoire de la Bible aux grands analphabètes. L’architecture médicale aussi. Elle rend vivable les lieux de la mort. L’architecture politique de même. Prenez la pyramide du Louvre, ce n’est pas rien dans l’esprit de Mitterrand. Dans le même ordre d’idées, l’architecture funéraire a sa place. Cet art permet de tenir un discours, à l’endroit où il n’y a rien « . Selon lui, la mort est leçon de vie. Il faut donc en exalter les pratiques. » Le XIXe siècle a privilégié Eros aux dépens de Thanatos. Notre temps fait l’inverse avec une bonne dose d’hypocrisie « . » Il faut non seulement nommer la mort, prétend-il comme le jeune Ronsard, mais encore la penser, l’habiller, la sculpter, afin de prendre la me sure des choses « . Philippe Aubert entend renouer avec une tradition. » Je suis tout sauf un révolutionnaire « , affirme-t-il, même si le présent tabou qui pèse sur la mort fait souffler sur sa galerie un air violent de transgression.

  1. Philippe Ariès, l’Homme devant la mort, thèse monumentale, aux éditions du Seuil (1977), 640 p.Du même auteur, Essais sur l’histoire de la mort en Occident, du Moyen Age à nos jours, Seuil (1975), 222 p.2.Galerie d’art funéraire de Pierre Aubert, 121, avenue Daumesnil, 75012 Paris.Tél. : 01 53 33 81 22.Fax : 01 53 33 81 26.

22 juin 2016 . Je viens de relire avec un grand plaisir cet article qui évoque ma démarche, menée depuis plus de 30 ans, pour sensibiliser l’opinion publique et les collectivités sur l’urbanisme funéraire et les droits et enjeux de la création d’une sépulture.
 » Il faut s’étendre à côté des morts pour prendre la mesure  » a dit un académicien.
Le pouvoir d’une sépulture doit être perçu comme un message d’espoir et de futur. Et en même temps tenter de diminuer la peine de ceux qui restent.
Il y a eu le Salon de la Mort au Louvre édition 1. Je vais monter l’édition 2 à Metz en 2017 avec Jessie Westhenholz.
vanitas vanitatum et omnia vanitas… http://www.regards.fr/acces-payant/archives-web/art-funeraire,878 art et musée

Non, l’art funéraire n’est pas mort

Pierre Aubert s’est fixé une tâche: supprimer le gris des cimetières

C’est triste, un cimetière. Gris et anonyme. Partant de ce navrant constat, Pierre Aubert s’est lancé dans une vaste entreprise de revalorisation de l’art funéraire. Fondateur, en 1997, à Paris, d’une galerie d’exposition de sépultures inédites réalisées par des artistes contemporains, il renoue avec une tradition millénaire: «L’art est né avec les premiers rites funéraires – voir les pyramides égyptiennes, dit-il. Mais depuis le début du siècle, à cause des morts de 14-18 qu’il a fallu enterrer très vite et de l’industrialisation des modes de production, les monuments funéraires sont devenus uniformes. La dalle de granit poli gris ou noir s’est faite omniprésente, au détriment de monuments plus personnalisés.» Or chacun est absolument libre d’ériger le monument de son choix. Comme ce pharmacien parisien, Jean-Louis Sacchet, qui, depuis cinq ans, fignole au cimetière du Père-Lachaise sa petite pyramide personnelle.

Pierre Aubert s’est donc associé aux Services funéraires de la ville de Paris pour promouvoir cette forme d’expression artistique. Du 30 octobre au 31 mars 1999, le Père-Lachaise accueillera une exposition – la première du genre – présentant des tombes, urnes, «cavurnes» (petits caveaux pour urne) ou plaques de columbarium: dalle en aluminium gravée d’une silhouette recroquevillée, urne à suspendre au plafond, mobile en forme de roue étoilée, pot émaillé traversé de deux tibias et monté sur des pattes de canard… Tout est permis. «Cette manière d’aborder la mort prolonge en droite ligne notre volonté d’accueil personnalisé des familles», affirme Alain Destrem, PDG des Services funéraires.

Quant aux artistes, ils redécouvrent la commande privée: «Lorsqu’une famille me demande de créer une sépulture, je suis toujours bouleversée, explique Claude Cehes, sculpteur. On ne peut pas s’empêcher de penser à sa propre mort…»

A LA DÉCOUVERTE DE L’ART FUNÉRAIRE

J’ai volontairement écarté les cimetières urbains bien que, jusqu’au milieu du XIXe siècle, on ait souvent fait appel aux mêmes tailleurs de pierre et aux mêmes sculpteurs que dans les campagnes, avant de s’adresser aux marbriers des villes qui, désormais, envahissent de leurs productions les cimetières de villages. Je n’ai pas davantage retenu le cimetière de Marville qui, à lui seul, mériterait une longue présentation tant il est riche. Abandonnant délibérément les monuments en fer forgé ou en fonte, je ne m’intéresserai ici qu’aux monuments en pierre, qu’il s’agisse du beau calcaire blanc à grain fin des carrières du Sud meusien, Savonnières, Brauvilliers, Juvigny-en-Perthois ou Euville, du calcaire jaune dit de Jaumont utilisé dans le Pays messin et le Pays-Haut lorrain, ou encore des grès gris, roses et jaunes de la région de Mirecourt, Rambervillers ou Saint-Dié et de la Moselle germanophone.

Quant à l’espace géographique retenu, il s’étend à l’ensemble des quatre départements lorrains même si beaucoup d’exemples sont fournis par le Sud meusien qui doit à la qualité de ses calcaires et à la présence de nombreux ateliers de tailleurs de pierre d’avoir produit les plus beaux monuments funéraires existant encore en Lorraine.

J’ai articulé ma présentation en trois points, m’attachant d’abord à l’évolution des formes, puis à l’étude des éléments décoratifs et des figures qui ornent les tombes, avant de tenter de montrer brièvement quelques aspects de l’art » de ces « hommes de la pierre ».

ÉVOLUTION DES FORMES

Dans le domaine de l’évolution des formes, des constats s’imposent.

Les monuments les plus anciens, ceux du XVIe siècle, sont de tout petits monuments, hauts d’une cinquantaine de cm, généralement sculptés dans un seul bloc de pierre, qui sont là comme un signe placé sur la fosse pour rappeler que quelqu’un est enterré en terre chrétienne, à cet endroit. Avec le temps, les monuments, souvent constitués de nombreux éléments assemblés, vont s’allonger, devenir plus larges aussi, pour finir par atteindre 2 à 3 m de haut dans le courant du XIXe siècle. Désormais, ils sont bien davantage signes de l’importance de la famille, de sa réussite sociale, de sa richesse, chacun rivalisant avec son voisin pour faire plus beau et plus grand.

A LA DÉCOUVERTE DE L’ART FUNÉRAIRE DANS LES CIMETIÈRES DE CAMPAGNE DE LORRAINE

par Mme Marie-France JACOPS, membre associé libre. En cette avant-dernière séance de Tannée académique, j’aimerais partir à la découverte des cimetières de campagne de Lorraine, plus spécialement à la découverte des monuments funéraires qu’ils abritent encore Car, contrairement à une opinion trop souvent répandue, il subsiste beaucoup de monuments anciens dans nos cimetières. Certes, il faut du temps et de la patience pour les découvrir, déposés à l’ombre d’un clocher, adossés aux murs de l’église mais souvent encore en place quand les cimetières n’ont pas été transférés à l’extérieur du village.

Il y a différentes façons d’approcher l’art funéraire. On peut tenter, par exemple, de reconstituer des ateliers de tailleurs de pierre qui ont exercé leur savoir-faire dans le domaine funéraire, comme je l’ai déjà fait dans plusieurs articles. Je me suis ainsi intéressée à la dynastie des Varlet, active dans le Barrois entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe, les plus anciens représentants de cette famille ayant assurément porté l’art funéraire à son sommet. J’ai aussi essayé de reconstituer la carrière de Charles Bouvard, un sculpteur de Mirecourt qui se spécialisa dans la production des monuments « à l’imitation de la nature » entre les années 1840 et 1880, et celle de Martin Pierson, le fondateur de l’Institut catholique de Vaucouleurs, qui a commencé sa carrière, dans les années 1860, comme sculpteur funéraire avant de s’atteler à la production en série de statues et de mobilier religieux dont beaucoup de nos églises ont gardé des témoignages.

On pourrait, de la même façon, et en s’appuyant sur l’exemple de ces familles, s’intéresser au métier de sculpteur funéraire, chercher à savoir s’il s’agit de simples tailleurs de pierre ou bien de sculpteurs, si ceux-ci ont exclusivement travaillé pour les cimetières ou s’ils n’ont pas aussi réalisé du mobilier religieux, sculpté des chapiteaux et des éléments décoratifs pour les églises ou encore ces linteaux de porte historiés dont la Lorraine est si riche. Une autre approche pourrait consister dans l’étude de l’évolution des formes, de l’iconographie, du corpus des inscriptions, de la métrologie et ce sont certains de ces points que j’aimerais plus spécialement aborder

http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/33694/ANM_1994_151.pdf?sequence=1 art funéraire

Comprendre l’ART FUNERAIRE

  • L’art des catacombes analysé par Émile Mâle: « Quand on a commencé à vouloir déchiffrer les peintures des catacombes, on se demandait pourquoi on retrouvait toujours les mêmes sujets : la résurrection de Lazare, la guérison du paralytique, les trois hébreux dans la fournaise, Suzanne et les vieillards, Jonas jeté au monstre… On l’ignora longtemps, mais on le sait maintenant, car on a découvert la première formule d’un prière pour les morts: « Père délivre son âme comme tu as délivré Jonas du monstre marin, les jeunes hébreux de la fournaise, Daniel dans la fosse au lion, Suzanne des mains des vieillards » ; et s’adressant au Fils, on ajoutait: « Toi aussi je te prie, Fils de Dieu, toi qui a ouvert les yeux des aveugles, qui a rendu l’usage de ses membres au paralytique, qui a ressuscité Lazare… »

Tétramorphe, huile sur bois, 70 x 45 cm (x4). Chapelle Saint Jacques, Agen.

Le Tétramorphe sera désormais visible dans la chapelle saint Jacques à Agen.

Définition du Tétramorphe : du grec tétra, quatre et morphé, forme

« La première vision révélant aux hommes stupéfaits, dans l’immédiat entourage de l’Éternel, l’impensable présence de « Quatre Vivants », de « Quatre Anges » à visages d’homme, d’aigle, de lion et de taureau, remonte à 592 avant J.C. Cette théophanie échut au prophète Ezéchiel dans « un vent de tempête venant du Nord » sur les rives du fleuve Kébar, alors qu’il était en déportation à Babylone sous le règne de Nabuchodonosor. La Tradition chrétienne enseigne, quant à elle, que l’évangéliste Jean aperçut les mêmes « Quatre Vivants » entrain de chanter la gloire du « Cinquième Vivant » – qui est le Christ – vers la fin du premier siècle de notre ère, au temps où il habitait dans l’île de Patmos. La figure du Christ entouré des « Quatre Vivants », des « Quatre Animaux célestes », tout irradiés de la lumière incréée qui vient de Dieu, forme l’image la plus sacrée du christianisme. Elle dispense, en effet, sur le monde, l’homme et Dieu un enseignement d’une profondeur admirable. »  Michel Fromaget.

Brève analyse de la tombe moderne : La tombe est toujours le reflet d’un rapport spécifique à la mort. Elle témoigne de la manière dont la mort est perçue et de la place qu’elle occupe dans une société. De ce point de vue, nos cimetières sont éloquents : la tombe moderne uniformisée et standardisée, aseptisée, à l’esthétique souvent douteuse, est bien, dans sa forme, le reflet de la conception de la mort qui domine dans notre société à savoir une conception matérialiste. Le recours au préfabriqué et le peu de soin apporté au caveau sont autant de témoins de cette nouvelle manière de la percevoir. La réduction et la simplification du rite qui touche les funérailles a entrainé un appauvrissement des symboles, de leur nombre et de leur compréhension. Sur la stèle de granit poli, même la croix peine à évoquer la transcendance car elle est devenue une simple option, plaquée sur un standard, quand elle n’est pas effacée ou remplacée par des images plus neutres (cœurs, ballons de foot) ou simplement par des formes abstraites et molles, très représentatives du vague qui entoure cette question. Autre caractéristique éloquente: la multiplication des photos sépias ou des plaques commémoratives qui sont autant d’images de cette lutte, aussi vaine qu’acharnée, contre l’oubli. Car la mémoire est, pour la pensée matérialiste, la seule vie après la mort et la perspective d’oublier ou d’être oublié est alors synonyme d’une disparition totale. Pour les mêmes raisons, le granit rassure, cette pierre extrêmement solide qui semble pouvoir s’affranchir du temps (et de l’entretien!). Sans transcendance et sans espoir, cette tombe ne matérialise que l’absence. Elle montre la fin à laquelle il faut bien se garder de trop penser, le seul domaine qui échappe aujourd’hui à la toute puissance orgueilleuse de l’homme.

Voilà en quelques mots ce que nous dit cette tombe.

Il va de soi que la forme de cette tombe et donc son sens, son message, ne répond pas à une conception chrétienne de la mort. Pourtant, en l’absence d’autres propositions, nombre de chrétiens subissent, malgré eux, cette sorte de tombe et l’image de la mort qu’elle leur renvoie. Elle ne convient pas plus à toute autre forme de spiritualité.

Rechristianiser la mort : Il est nécessaire de poursuivre la démarche du Service Catholique des Funérailles jusqu’au bout en tentant de repenser la tombe selon des principes chrétiens. L’espérance chrétienne fait de la mort le passage de la terre au ciel. La tombe matérialise alors la porte du ciel et, comme telle, elle ne doit pas être confondue avec le deuil. La porte du ciel n’est pas sobre, triste et sombre, mais belle, riche, ornée et lumineuse. Ainsi défini, le caveau exige une attention et un soin particulier.

Un manifeste artistique : Cette définition est en elle-même un manifeste artistique. Elle contient les contraintes intellectuelles indispensables à tout travail artistique véritable tout en laissant une immense liberté formelle. Les solutions que je propose en sont un infime échantillon.

« Le Christ entre la terre et le ciel », pierre calcaire (Borrèze), hauteur 30 cm.

Réflexions préliminaires pour la conception d’un caveau chrétien contemporain : La pauvreté iconographique des caveaux modernes n’est pas sans lien, il me semble, avec leur triste austérité. Il m’a paru important de renouveler les thèmes traités pour plusieurs raisons :

La croix est évidemment le symbole chrétien par excellence et présente en elle-même une grande variété de forme. Cependant la démarche, très protestante, qui consiste à ne retenir que ce symbole conduit immanquablement à une habitude visuelle du spectateur et donc à la perte du sens. Les églises romanes, pour ne prendre qu’un exemple, nous montrent à quel point il est important de varier les thèmes et les symboles pour maintenir l’impact de l’image et donc le sens qu’elle porte. Augmenter le répertoire iconographique multiplie les possibilités artistiques et ouvre la voie à une certaine personnalisation du caveau. Après recherche, voici une liste non exhaustive des thèmes que l’on trouve sur les tombes chrétiennes au cours de l’histoire, ou bien qui me semblent compatibles avec la fonction du caveau (thèmes qui évoquent la vie après la mort, l’attitude du défunt face à la mort, etc.)

– La Croix / le Christ / le Chrisme / les symboles animaliers et végétaux du Christ (très nombreux) – L’Arbre de vie / le Paradis terrestre – Le Jugement dernier / l’Apocalypse – La victoire de la Vie sur la Mort, du Bien sur le Mal, Saint Michel et le dragon, Saint Georges, les nombreuses variantes de ce thème à partir des symboles animaliers du Christ et de Satan. – Passages de l’Ancien ou du Nouveau Testament dans lesquels un intervention divine préserve de la mort: Jonas et le monstre marin, Daniel dans la fosse au lions, la résurrection de Lazare (1). – La guérison de l’aveugle et du paralytique: la mort donne la vue de Dieu/passage du corps imparfait au corps glorieux – Le Passeur christianisé (Dante), Saint Christophe – les Anges – La Porte du ciel – L’Âme du défunt / Aspiration du défunt à rejoindre Dieu / le corps du défunt attendant sa résurrection (gisant). – etc.

Un même thème peut être traité différemment : soit de manière illustrative (ex : la Crucifixion, le Christ) soit par l’intermédiaire des symboles chrétiens (la Croix, l’Agneau), la plupart du temps tirés des psaumes et des Évangiles mais aussi de la Tradition et des civilisations qui ont été christianisées (civilisations gréco-latine, celte, etc.).

Ma démarche pour la réalisation : Il n’y a pas de bonne solution à priori. Il me semble important de proposer une solution personnalisée, adaptée aux exigences particulières du lieu, du caveau existant, du défunt ou du commanditaire.

 

Tombe connectée : le nouvel art funéraire

à suivre…

 

Smartphones : J’irai cliquer sur vos tombes

à suivre…