La mort au Japon

Une des particularité du Japon est que l’incinération y est obligatoire, ceci s’explique en grande partie par le manque de place sur l’île.

Les funérailles
Dans la société japonaise les funérailles sont très importantes et contrairement aux pays occidentaux l’aspect traditionnel est conservé.
Les funérailles sont organisées en fonction du calendrier chinois.

La cérémonie se déroule en plusieurs étapes:
• 1.La veillée funèbre
• 2.La crémation
• 3.L’enterrement

La veillée funèbre (otsûya)
Elle se déroule en général le lendemain du décès au domicile familial ou dans un temple.
La veillée est l’occasion pour beaucoup de voir le défunt une dernière fois et de lui rendre hommage.
Durant la veillée un moine bouddhiste est parfois présent et récite des mentras.

Chaque personne qui visite le défunt remet à la famille une enveloppe contenant une certaine somme d’argent (okôden) pour l’aider à faire face aux dépenses faramineuses qu’engendrent les funérailles. Ensuite la personne passe dans la pièce où se trouve le défunt et lui offre de l’encens et parfois des fleurs. Après avoir assisté à la veillée funèbre chaque personne s’asperge de sel purificateur avant de rentrer chez soi afin de s’éviter le malheur.

 

La crémation
Les proches du défunt (même les enfants) sont invités à assister à l’incinération au crématorium.
Avant la crémation, les proches peuvent voir le défunt une dernière fois et déposent souvent des objets personnels du mort dans le cerceuil.
Une fois la crémation terminée, les cendres et fragments d’os sont placés dans une urne avec des baguettes par les proches du défunt.

L’urne est placée dans un autel et est conservée 49 jours dans la maison familiale. Un prêtre bouddhiste prie les 3e, 7e, 21e et 49e jour pour guider l’esprit du mort.
Le jour des funérailles est fixé après consultation du calendrier chinois et ne doit pas coïncider avec un jour de « tomo-biki » (textuellement « entraîner les amis »). Cela risquerait en effet de porter malheur aux « amis » du défunt assistant à la cérémonie funèbre, entraînés avec celui-ci dans l’au-delà.

Les funérailles sont traditionnellement menées par un bonze, selon le rite bouddhique. Les funérailles shintoistes existent cependant aussi, ainsi que les funérailles chrétiennes. Quel que soit le rite choisi, l’incinération est obligatoire et il est difficile d’obtenir une autorisation d’inhumation.

Pour se rendre à un enterrement, et peu importe les relations avec le défunt, le noir était encore de rigueur ABSOLUE jusqu’il y a peu. Les mentalités sont en train de changer. En effet, certaines familles peuvent tolérer, voire demander, que les personnes présentes portent des couleurs vives. De plus, les couleurs du deuil diffèrent selon le pays et les cultures. La cérémonie terminée, personne ne porte le deuil.

La cérémonie de deuil se déroule en deux parties : la veillée funèbre (« o-tsûya ») et l’enterrement proprement dit. Il n’est en général pas nécessaire de participer aux deux cérémonies. A l’entrée de la maison ou du temple, on dépose à la réception (« uketsuke »), tenue par des familiers ou des amis, une enveloppe barrée d’un lien imprimé noir et gris contenant de l’argent (« o-kôden »), contre laquelle on reçoit un objet consommable, sucre, thé japonais, savon ou un mouchoir… Puis on pénètre dans la pièce où se trouve le corps (« o-toke-sama »), déjà mis en bière ou reposant encore sur un futon spécial. On offre alors de l’encens purificateur à l’âme du disparu. On prendra bien soin de ne pas rentrer chez soi avant de s’être aspergé de sel purificateur, reçu parfois à la « réception ».

Quelques semaines après les funérailles, parvient de la famille du disparu, un cadeau en remerciement de l’argent versé précédemment (« o-kôden-gaeshi »). Tous les grands magasins offrent un service de livraison de ces « kôden-gaeshi », enveloppés toujours dans un papier blanc et bleu, différent du papier d’emballage ordinaire.

A noter : Il y a environ 850’000 décès par an au Japon et le prix des funérailles s’élève à une moyenne de 15’000 Euros.

Un corbillard (Tokyo-2004)