Rite funéraire musulman

Les rites funéraires musulmans sont extrêmement codifiés et pas toujours en accord avec la législation funéraire française. Pour cette raison, et bien que l’islam soit la 2e religion de France, ses pratiquants, dans l’Exagone, choisissent en grande majorité (80%) d’être inhumés en terre musulmane.Dans la religion islamique, la place des rites funéraires ainsi que Allah est primordiale. Pour les musulmans, le décès d’une personne est un état passager qu’il faut accompagner du début jusqu’à la fin.

Dans cette religion, un grand nombre de pratiques telles que la crémation ne sont pas acceptées, comme l’interdiction de faire une autopsie (sauf pour raison légale) par respect pour la dépouille.La toilette purificatrice est extrêmement importante du rite funéraire dans l’islam. Elle a un but purificateur et est effectuée par 4 personnes du même sexe que le défunt, à l’exception du veuf ou de la veuve. Le corps est orienté vers la Mecque puis lavé 3 fois de suite de haut en bas en commençant par le front, le cœur et les mains (qui servent à la prière).

Le défunt est ensuite habillé de pièces de tissu blanc non cousues en nombre impair (en général, 3 pour les hommes, 5 pour les femmes). Ses bras sont placés soit le long du corps, paumes vers le haut, soit croisés sur la poitrine. Les soins de conservation ne sont pas acceptés, cependant une exception peut être faite en cas de rapatriement.

Ces rituels doivent avoir lieu le plus rapidement possible puisque l’islam veut que le défunt soit enterré le jour du décès. En France, cela n’est pas possible, car il est impératif d’attendre 24h minimum avant de procéder à des obsèques.

De nombreuses prières sont récitées pendant les toilettes. Les soins de conservation sont interdits (sauf lors d’un rapatriement vers certains pays).

L’imam se rend au domicile. Le défunt doit être enterré le plus rapidement possible. Le corps est installé dans le cercueil coté droit, afin que le défunt puisse regarder la Mecque. Les hommes de la maison demandent à porter le cercueil aux services funéraires. Lorsque la famille le demande, une cérémonie a lieu à la Mosquée en présence du corps. Lors de l’inhumation, l’imam adresse une dernière prière au défunt. Lors de l’ensevelissement, les femmes et les enfants s’éloignent. Les hommes jettent quelques pelletées de terre. De manière générale, il est demandé à l’assistance de faire preuve de sobriété pendant l’inhumation. Les pleurs sont les seules manifestations de tristesse autorisées. Il n’est pas d’usage d’envoyer des fleurs.

Durant les trois premiers jours qui suivent le deuil, la famille reçoit les condoléances, des prières sont récitées. Enfin, 40 jours après le décès, il est d’usage de se réunir afin de prier, pleurer le mort et prendre un repas.Aujourd’hui, 80% des musulmans enterrent leur proche dans leur pays d’origine. Ils effectuent donc un rapatriement depuis la France, car la loi française n’autorise pas toutes les pratiques recommandées par l’Islam.

En pays musulman, l’inhumation se fait à même la terre, le défunt est simplement enveloppé dans un linceul. En France, pour des raisons d’hygiène, il est impératif que le défunt soit placé dans un cercueil. Celui-ci est alors en bois tendre, avec parfois du capiton vert, couleur de l’islam.

En France, il existe tout de même de nombreux carrés musulmans dans les cimetières qui permettent aux musulmans d’être enterrés au plus proche de ce que dicte l’Islam. Dans ces carrés, les sépultures musulmanes sont orientées vers la Mecque, elles se distinguent par leur sobriété : seules deux stèles placées de part et d’autre de la tombe permettent de connaître l’emplacement d’un défunt, et il n’y a pas de tombale, c’est à dire la partie horizontale qui recouvre la sépulture. Sur la stèle, on retrouve souvent le croissant et un verset du Coran.

Certaines agences de pompes funèbres ou marbrerie commercialisent des plaques funéraires spéciales pour les défunts de religion musulmane. Comment, selon l’Islam, les musulmans doivent être enterrés ?

Avertissement

En raison du caractère multi-confessionnel des cimetières, la mairie n’a aucune obligation de délimiter des espaces en fonction des religions. Cependant, pour répondre à une demande croissante issue des pratiquants nés en France et souhaitant s’y faire inhumer, de plus en plus de communes créent des espaces dédiés aux différentes confessions.Le cortège se retrouve devant le cimetière et l’imam va prononcer la prière funéraire pendant l’inhumation. C’est la seule prière qui doit se dire debout. L’assemblée est composée d’hommes : les femmes ne sont autorisées à se rendre auprès de la sépulture que le lendemain de l’enterrement. Toutefois, en France notamment, cette règle tend à s’assouplir.

Ange de la mort (Islam)

« L’Ange de la mort qui veille sur vos démarches tranchera le fil de vos jours, et vous reparaîtrez devant Dieu » (Le Coran, op. cit., p. 103).

Le 8 juin 632 : « Alors que la fièvre le domine, Izraïl, l’Ange de la Mort, apparut à Muhammad [Mahomet] et lui demanda s’il pouvait mettre fin à ses jours. Muhammad acquiesça. » (Eric Timmermans Dictionnaire des religions)

Voici le récit coranique de l’apparition de l’Ange de la mort :

Le lundi, jour où il termina sa carrière, l’Ange de la mort se présenta à la porte. [ L’archange] Gabriel l’apercevant, dit à son ami: «Voilà l’Ange de la mort qui demande la permission d’entrer. Tu es le premier des mortels pour qui il ait cette déférence; il ne l’aura pour aucun autre». «Qu’il entre», répondit Mahomet. Le messager terrible entra; mais quittant son air menaçant, il dit: «Ô Apôtre de Dieu! Ô Ahmed! l’Éternel m’a envoyé vers toi. Il m’a ordonné d’exécuter tes volontés. Soit que tu me commandes de prendre ton âme, soit que tu me commandes de la laisser, j’obéirai». «Prends-la», ajouta Mahomet. «Puisque c’est ta volonté… Dieu, ajouta Gabriel, désire ardemment ta présence. Pour moi, voilà la dernière fois que mes pieds fouleront la terre. Je m’envole pour jamais de ce monde». À l’instant, l’Ange de la mort remplir son redoutable ministère» (p. 219-220).

 

Témoignages contemporainsIl était 4 h du matinLorsque la mort frappa à la porte.Qui est-ce ? S’écria l’homme hébété.Je suis Izraël. Laisse-moi donc entrer!Alors l’homme se mit à trembler,Comme pris d’une fièvre subite.Il cria à sa femme endormie :Ne le laisse pas me prendre la vie !

S’il vous plaît, O Ange de la mort !Laissez-moi, je ne suis pas encore prêt.Ma famille vit à mes dépens,De grâce, ton acte suspend .

Déjà l’ange de la mort se tenait au seuil de sa porte.Ô mon ami, l’ordre d’Allah ne peut être différé,Prépare-toi, pour la tombe,C’est pour maintenant.

Je te couvrirai d’or,Mais épargne-moi la tombe sombre.

Pourquoi as-tu peur, ô homme, de mourir selon le vœu d’Allah ?Viens, souris-moi et ne t’attriste point,Soit heureux de revenir vers Lui.

Puisque le Coran tu as ignoré,Sache au moins alors, qu’il y était écritQue ce monde n’est qu’un éclair devant l’éternité.Mais les avertissements du Coran, tu as dédaigné!Cesse de pleurnicher, O humain!Vers ton Créateur sera ton retour,Car ton âme je la prends maintenant.Le répit m’est interdit.

Un cri de l’homme et sur le sol il s’affaissa.Son corps immobile, son visage éteint.Il semblait se reposer, du sommeil éternel.Son corps ne pouvait simplement plus exprimerLa douleur alors toujours intense de l’âme qu’on arrache.

La vie, des fois, peut réserver des surprises, mais jamais la mort.Car enfin, chacun sait bien, qu’il est né… pour un jour, mourir !

L’ange commence alors à tirer ton âme à partir de tes pieds. Tu ressens la souffrance de cet arrachement de la plante de tes pieds. Cette extirpation, s’opérant par coups successifs, provoque l’agonie qui va arracher l’âme de toutes les parties de ton corps. Elle opère à partir de ta partie inférieure et remonte à ta partie supérieure jusqu’à ce que l’angoisse en toi parvienne à son paroxysme, que la souffrance de la mort envahisse la totalité de ton corps et que ton coeur, tourmenté et anxieux, attende la Notification de Dieu, à savoir celle de Sa colère ou de Son agrément. Tu sais déjà qu’il n’y aucun échappatoire pour toi : tu es astreint à entendre l’un ou l’autre des messages de l’ange chargé de s’emparer de ton âme.